Médicaments de thérapie innovante : des freins à lever ?

Les 9 et 10 octobre derniers, l’université Bourgogne Europe hébergeait le colloque sur les médicaments de thérapie innovante. Deux journées de rencontres et de débats à la Maison des Sciences de l’Homme, où juristes, chercheurs, industriels, régulateurs, sociologues et acteurs de terrain ont échangé sur l’encadrement juridique et réglementaire de ces thérapies, et les responsabilités nouvelles, mais aussi la propriété intellectuelle et les modèles économiques, ou encore le consentement, l’accès équitable et la justice sociale.

Les 9 et 10 octobre derniers a eu lieu le colloque MTI (Crédit : ON HEALTH)
Les 9 et 10 octobre derniers a eu lieu le colloque MTI, organisé par le Crédimi et Santenov Dijon Bourgogne. (Crédit : ON HEALTH)

« Nous sommes à l’aube d’une grande réforme du droit pharmaceutique au niveau européen, confie le Docteur Mathieu Guerriaud, professeur en droit pharmaceutique à la Faculté des Sciences de santé. Si les MTI sont les médicaments les plus innovants qu’on ait à l’heure actuelle sur le marché, ce sont aussi des médicaments extrêmement onéreux qui appellent à un nouveau modèle. »

Médicaments de thérapie innovante : des thérapies coûteuses mais révolutionnaires

Ces médicaments de thérapie innovante, qu’il s’agisse de thérapie génique, ou encore de thérapie cellulaire ou tissulaire, font appel à une recherche et développement très poussée, ainsi qu’une production et une logistique complexe. « Comptez 300 000 euros l’injection de CAR-T cell, détaille le Docteur Mathieu Guerriaud. Ça peut paraître cher, mais il s’agit d’une injection unique qui peut régler des situations qui auraient demandé des traitements à vie, avec des thérapies plus classiques. »

De son côté, Stéphane Oudin, conseiller en propriété intellectuelle au sein du cabinet dijonnais Guiu IP, explique que l’importance de la protection par brevet des MTI « pour permettre leur développement et leur arrivée sur le marché. » Au CHU Dijon Bourgogne, les premières thérapies par CAR-T cell ont été réalisées dès 2020. « Aujourd’hui, nous faisons face à la multiplication des AMM, et nous commençons à faire face à des problématiques de disponibilité de lits des patients, observe le Docteur Pauline Gueneau, pharmacienne référente MTI au CHU Dijon Bourgogne. C’est une activité qui reste aussi très chronophage pour les pharmaciens. »

Antonin Tabard