Médicaments : Et si les matières premières étaient cultivées en circuit-court ?

Alors que les matières premières pharmaceutiques sont majoritairement cultivées en Asie, la biotech lilloise Horssol souhaite rapprocher les cultures des laboratoires. À commencer par le safran, épice aux vertus anti-inflammatoires importée d’Iran.

On le surnomme « l’or rouge ». Le safran, épice originaire du Moyen-Orient, est cultivé pour son goût amer, proche du foin et de la terre fumée, mais également pour ses vertus médicinales. Antioxydant et anti-inflammatoire naturel, il est aussi utilisé pour traiter les problèmes d’anxiété et de sommeil.

Dans une ferme verticale, une micropousse fraîchement récoltée. Elle est utilisée comme matière première pour l’extraction de molécules d’intérêt, notamment des actifs à propriétés antioxydantes.
Dans une ferme verticale, une micropousse fraîchement récoltée. Elle est utilisée comme matière première pour l’extraction de molécules d’intérêt, notamment des actifs à propriétés antioxydantes. (Crédit : Horssol)

Mais de telles propriétés ont un coût… qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros le kilo. De quoi le faire hériter de son fameux surnom et faire grimper les prix des médicaments. Majoritairement cultivé en Iran, il est en outre parfois coupé avec d’autres plantes, comme le paprika ou le curcuma, dont la couleur – mais pas les propriétés ! – sont similaires.

Au plus proche des laboratoires européens

La biotech lilloise Horssol a alors décidé de reprendre la main sur sa production pour développer un circuit court pharmaceutique. Grâce à des cultures contrôlées en laboratoire, elle prévoit une récolte toutes les douze semaines au lieu d’une fois par an. Favorisant ainsi une production en plus grande quantité au plus proche des industries européennes. « Nous sommes en environnement contrôlé, on gère tous les paramètres : l’éclairage, la durée d’exposition, les pics de température…, explique son PDG Timothée Frealle. On espère pouvoir récolter jusqu’à une centaine de kilos par an. »

Subventionné par la région Hauts-de-France et par Bpifrance à hauteur de 150 000 euros, Horssol espère une mise sur le marché pour octobre 2026. La culture d’autres plantes médicinales est étudiée, comme la rhodiola et l’ashwagandha, également très utilisées pour la gestion du stress. Dans un marché où les matières premières sont majoritairement dépendantes des pays tiers, comme la Chine ou l’Inde, Horssol souhaite « relocaliser au plus proche des transformateurs ».

Brianne Huguerre-Cousin,
Correspondante à Lille