Mois sans tabac : Vers un dépistage généralisé du cancer du poumon ?

En ce Mois sans tabac, l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris placent la prévention et l’innovation au cœur de la lutte contre le cancer du poumon, première cause de mortalité par cancer en France. Avec l’étude OPTI-DEPIST-MUT, lancée en janvier 2025, les deux institutions expérimentent en Île-de-France un modèle inédit de dépistage organisé, combinant technologie de pointe et accompagnement à l’arrêt du tabac.

En lançant “Ma Ville se Ligue”, la Ligue contre le cancer appelle à développer plus d'espaces sans tabac.
Avec OPTI-DEPIST-MUT, l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris cherchent à démontrer l’efficacité du dépistage organisé dans la lutte contre le cancer du poumon. (Crédit : Adobe Stock)

Chaque année, plus de 53 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont diagnostiqués en France, dont plus de la moitié à un stade métastatique. Pourtant, détectée tôt, la maladie peut être soignée efficacement : la chirurgie offre une survie supérieure à 85 % à cinq ans lorsque le diagnostic est précoce. C’est tout l’enjeu de cette étude francilienne, soutenue par la Fédération Nationale de la Mutualité Française, qui vise à démontrer la faisabilité d’un dépistage organisé ciblant les fumeurs et ex-fumeurs de 50 à 74 ans.

Cancer du poumon : Une étude pour démontrer l’efficacité du dépistage organisé

L’innovation d’OPTI-DEPIST-MUT réside dans son approche intégrée. Grâce à un scanner thoracique à faible dose et à une plateforme numérique d’auto-évaluation, les participants peuvent vérifier leur éligibilité en ligne avant d’être orientés vers un centre de santé partenaire. En moins de quatre semaines, un premier examen est réalisé, suivi d’un accompagnement personnalisé en sevrage tabagique. L’étude prévoit de recruter 500 participants dans dix centres franciliens sur 18 mois.

« Les actions de prévention contre le tabagisme sont essentielles, mais le dépistage précoce est un levier tout aussi capital. OPTI-DEPIST-MUT montre qu’un déploiement à grande échelle est possible et pourrait changer la donne en santé publique », explique le Professeur Nicolas Girard, pneumologue et chef du département d’oncologie médicale à l’Institut Curie, coordinateur de l’étude.

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. En collectant les images radiologiques, les chercheurs ambitionnent de développer des outils numériques d’aide à la lecture des scanners, combinant l’expertise des radiologues et des pneumologues à des algorithmes d’analyse pour mieux identifier les profils à risque. Une avancée prometteuse pour anticiper les cancers broncho-pulmonaires et personnaliser les parcours de soins.

Antonin Tabard