Toxoplasmose : vers de nouvelles pistes thérapeutiques ?

Alors qu’une personne sur trois, voire une sur deux dans certains pays, a déjà été exposée à la toxoplasmose, aucun traitement ne permet à ce jour d’éliminer la forme persistante de cette infection parasitaire transmise par un contact direct avec des excréments d’un félin porteur ou en ingérant un aliment contaminé.  En partant de ce constat, les équipes de l’Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires ont cherché à mieux comprendre les mécanismes immunitaires qui permettent de contrôler cette infection pour espérer développer de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Des chercheurs ont montré le rôle des lymphocytes T CD8+ (en rouge sur l’image) dans la détection et la neutralisation du parasite de la toxoplasmose. (Crédit : Amel Aïda / Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires)

L’étude menée par Nicolas Blanchard, chercheur pour l’Inserm, a permis de montrer qu’une catégorie de cellules immunitaires, les lymphocytes T « résidents » CD8+, jouent un rôle clé pour détecter et neutraliser le parasite de la toxoplasmose dans le cerveau. Ces résultats publiés dans la revue PNAS, permettent d’envisager de nouvelles pistes de traitements pour éliminer les formes persistantes de la toxoplasmose.

Améliorer la capacité des lymphocytes à lutter contre la toxoplasmose

Si les conséquences de cette infection cérébrale varient en fonction de l’état de santé des personnes atteintes, l’équipe de recherche s’était en effet intéressé au rôle de certaines cellules immunitaires dans le contrôle du parasite. Il était ainsi crucial d’identifier quel sous-type de lymphocyte T CD8+ était impliqué, pour élucider les mécanismes de surveillance immunitaire du parasite dans le cerveau. L’équipe de recherche a mis en évidence le rôle des lymphocytes T “résidents” qui se formeraient grâce à des signaux envoyés par d’autres cellules immunitaires, les lymphocytes T CD4+.

Face à ces résultats, les scientifiques vont maintenant pouvoir réfléchir à des stratégies pour tenter d’améliorer la capacité des lymphocytes résidents à lutter contre l’infection cérébrale : « Maintenant que l’on comprend mieux les mécanismes de surveillance du parasite de la toxoplasmose dans le cerveau, nous menons d’autres travaux pour comprendre les mécanismes mis en place par le parasite pour échapper au contrôle des lymphocytes T CD8+ et comment on peut tenter de neutraliser ces mécanismes », détaille Nicolas Blanchard.

Antonin Tabard