Initiative Pharma : le pari de l’innovation à la française

C’est une nouvelle étape dans la structuration de l’écosystème pharmaceutique français. Le 2 avril dernier, plusieurs laboratoires majeurs ont lancé Initiative Pharma, un syndicat inédit qui place l’innovation et la souveraineté sanitaire au cœur de son action.

Le nouveau syndicat Initiative Pharma a été présenté lors du Congrès France Bioproduction.
Le nouveau syndicat Initiative Pharma a été présenté lors du Congrès France Bioproduction. (Crédit : ON HEALTH)

À l’origine de cette initiative, sept membres du G5 Santé (Ipsen, Servier, Pierre Fabre, Guerbet, Théa, LFB, Sanofi), rapidement rejoints par de nouveaux acteurs comme Serb Pharmaceuticals, Chiesi ou encore France Biotech. Pour Didier Véron, président du G5 Santé et directeur des affaires corporate chez LFB, cette création répond à une urgence stratégique : « Aujourd’hui, on est pris en étau entre la Chine et les États-Unis ». Dans ce contexte de compétition mondiale accrue, l’ambition est claire : renforcer la place de la France et de l’Europe dans la production et le développement de médicaments innovants.

Initiative Pharma fait de l’innovation et de la souveraineté une priorité

Plus qu’un repositionnement industriel, Initiative Pharma entend peser concrètement dans les négociations en cours avec le Comité économique des produits de santé, notamment autour du futur accord-cadre entre l’État et l’industrie pharmaceutique. L’objectif : mieux reconnaître la valeur de l’innovation, en particulier dans la fixation du prix des médicaments, un levier jugé déterminant pour soutenir la recherche et la production locale.

Le syndicat défend une approche globale, associant innovation thérapeutique et souveraineté sanitaire comme deux dimensions indissociables. Il plaide pour une politique de santé qui considère davantage le médicament comme un investissement stratégique.

Médicaments : la France veut reprendre la main

Initiative Pharma se veut également fédérateur. L’organisation affiche sa volonté de travailler avec l’ensemble de l’écosystème, des pôles de compétitivité aux professionnels de santé, en passant par d’autres structures émergentes comme MedFrance.

Au-delà de ses premières prises de position, cette nouvelle entité incarne une mobilisation collective. « On en appelle à la mobilisation générale », nous explique Didier Véron, à l’occasion du Congrès France Bioproduction. En filigrane, une ambition : redonner à la France sa place de puissance d’innovation en santé, au bénéfice des patients comme de la souveraineté européenne.

Antonin Tabard