Le projet AD-AP offre un nouveau regard sur la maladie d’Alzheimer

Une équipe de chercheurs lillois propose une nouvelle explication à l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Selon eux, elle pourrait être due à un mauvais fonctionnement de la protéine APP.

En France, 1,4 million de personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer. L’une des principales hypothèses scientifiques pour expliquer cette pathologie repose sur la cascade amyloïde : un dérèglement du métabolisme de certaines protéines qui entraînent la production de peptides amyloïdes, lesquelles s’accumulent dans le cerveau sous forme de plaques et contribuent aux dommages neuronaux. 

Le directeur de recherche à l’Inserm Jean-Charles Lambert et son équipe lilloise explorent une autre piste. Selon eux, l’agglomération de ces peptides pourrait notamment être le signe d’un dérèglement plus profond du fonctionnement de la protéine dont ils sont issus.

« Se focaliser sur une cible secondaire ne permet pas de favoriser une approche thérapeuthique efficace », souligne le chercheur. 

« Définir les nouvelles fonctions de l’APP »

Leur étude – nommée AD-AP – se concentre alors sur l’APP (Amyloïd Precursor Protein), une protéine impliquée à la fois dans la production des peptides amyloïdes mais aussi dans le fonctionnement des synapses, ces zones de communication entre les neurones.

« L’APP est capable de former des ponts entre les synapses. On pense que c’est cette interaction qui est impliquée dans la maladie. Les signaux seraient brouillés », explique-t-il. Le projet AD-AP permettrait alors de « définir les nouvelles fonctions de l’APP ». 

Bénéficiant d’un financement de 519 000 euros de l’Agence nationale de la recherche (ANR), l’équipe étudie ainsi les mutations susceptibles de perturber les mécanismes biologiques auxquels participe l’APP, et leurs conséquences sur les connexions entre les neurones. À  partir de modèles cultivés en laboratoire, les chercheurs vérifieront leur hypothèse, pour, à terme, trouver une éventuelle solution médicamenteuse. S’il se veut confiant, Jean-Charles Lambert tient toutefois à rappeler que « la maladie d’Alzheimer est multifactorielle » et « qu’il y a plusieurs points d’entrée ». 

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