Alentis : de la recherche strasbourgeoise à un partenariat mondial avec CSL

Une découverte née dans un laboratoire strasbourgeois franchit une nouvelle étape industrielle. Alentis Therapeutics vient de conclure un partenariat mondial avec le groupe biopharmaceutique CSL pour développer et commercialiser le lixudebart, un anticorps expérimental destiné notamment à certaines maladies rares du rein et du foie.

L’accord prévoit un paiement initial de 355 millions de dollars, auquel pourront s’ajouter jusqu’à 1,2 milliard de dollars liés à des étapes commerciales. Mais derrière ces montants, l’intérêt est surtout scientifique : le lixudebart cible la claudine-1, une protéine normalement impliquée dans la cohésion des cellules mais dont l’exposition anormale peut contribuer à des mécanismes inflammatoires et fibrotiques.

Crédit : Pexels

Une cible thérapeutique issue de quinze ans de recherche

L’histoire commence à Strasbourg, dans l’équipe du Pr Thomas Baumert à l’Université de Strasbourg et à l’Inserm. Plus de quinze ans de travaux, soutenus notamment par l’IHU Strasbourg et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, ont contribué à identifier la claudine-1 comme cible thérapeutique et à faire émerger Alentis en 2019, avec l’appui de la SATT Conectus.

Aujourd’hui, le lixudebart est évalué en phase 2 dans une forme sévère de vascularite auto-immune associée aux ANCA, des auto-anticorps pouvant provoquer une inflammation des petits vaisseaux sanguins, notamment au niveau des reins. Cette atteinte peut entraîner une dégradation rapide et parfois irréversible de la fonction rénale. Des essais de phase 2 sont également prévus dans la glomérulosclérose segmentaire et focale et la cholangite sclérosante primitive.

Accélérer le passage vers les patients

CSL financera la poursuite de l’essai de phase 2 en cours ainsi qu’une future phase 3 dans la vascularite associée aux ANCA. Pour Mark Pruzanski, directeur général d’Alentis, ce partenariat doit permettre d’« accélérer considérablement le développement du lixudebart dans plusieurs indications en parallèle ».

Les premières données cliniques rapportées par Alentis sont encourageantes, mais restent intermédiaires et devront être confirmées dans des essais plus larges.

Au-delà du candidat médicament, cette trajectoire illustre aussi le temps long de l’innovation en santé : recherche fondamentale, protection de la propriété intellectuelle, création d’entreprise, essais cliniques puis partenariat industriel. Pour l’écosystème alsacien, Alentis montre comment une découverte académique locale peut progressivement atteindre une échelle internationale.

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