Cancers solides : L’espoir dans les thérapies cellulaires

Dans un récent communiqué, l’Académie nationale de médecine a reconnu l’efficacité des thérapies cellulaires dans le traitement des tumeurs solides de l’enfant et de l’adulte. Si elle soutient l’élan d’innovation que représente leur développement, elle alerte sur le retard de la France dans la production institutionnelle qui permet seule une production adaptée à chaque patient comme un gage d’optimisation, tout en restant accessible financièrement.

Dans le traitement des tumeurs solides, chez l’enfant et l’adulte, les thérapies cellulaires offrent des perspectives prometteuses, avec des réponses cliniques significatives dans plusieurs types de cancers.
Dans le traitement des cancers solides, chez l’enfant et l’adulte, les thérapies cellulaires offrent des perspectives prometteuses, avec des réponses cliniques significatives dans plusieurs types de cancers. (Crédit : Archives ON HEALTH)

La diversification récente du traitement des cancers selon des approches d’immunothérapie par thérapies cellulaires a permis d’obtenir des résultats significatifs contre les tumeurs solides. Devenues des stratégies clés, ces approches distinctes comprennent l’injection de lymphocytes T infiltrant les tumeurs (TILs), cultivés ex vivo puis réinjectés, mais aussi l’injection de lymphocytes T transfectés par des récepteurs des cellules T (TCR) reconnaissant des antigènes tumoraux dans un contexte HLA spécifique (TCR-T), ou encore l’injection de cellules CAR-T.

Les thérapies cellulaires présentent des résultats positifs dans les cancers solides

Parmi les études déjà menées, l’injection des TILs dans le mélanome métastatique permet d’obtenir des réponses cliniques durables avec un taux de réponse global de plus de 30 % et une survie globale en moyenne de près de 14 mois. Du côté des traitements par des lymphocytes T modifiés par des récepteurs TCR, des études menées depuis 2006 dans les sarcomes métastatiques exprimant des antigènes identifiés comme jouant un rôle dans le développement tumoral ont observé des régressions tumorales chez 50 % des patients ayant un sarcome synovial. Cette approche a été étendue au liposarcome myxoïde, au cancer de l’ovaire, et aux cancers de la tête et du cou avec la mise en évidence, dans ces types de cancers, d’une réponse immunitaire spécifique. Enfin, les essais cliniques avec des cellules CAR-T – plus complexes à développer – ont permis des réponses positives contre les glioblastomes, les gliomes du tronc cérébral, les cancers de la prostate, du pancréas, de l’ovaire résistants, les cancers pulmonaires à petites cellules et contre les adénocarcinomes œso-gastriques.

« Compliqués à fabriquer, ces traitements représentent des coûts particulièrement importants et de dépenses difficilement soutenables pour les organismes de protection sociale. Toutefois, des expériences à l’étranger ont montré qu’une production en structure universitaire permet une limitation des coûts grâce à la concurrence vis-à-vis des industriels », souligne l’Académie nationale de Médecine.

Antonin Tabard