Un anticorps français réinvente la prise en charge de l’infertilité

La biotech tourangelle Igyxos Biotherapeutics franchit une étape majeure dans la lutte contre l’infertilité. L’entreprise vient en effet d’annoncer l’obtention d’une subvention de 5,7 millions d’euros dans le cadre du programme France 2030, via l’appel à projets « Biothérapies et Bioproduction de Thérapies Innovantes ». Ce financement — non dilutif — va permettre de lancer les essais cliniques de phase II en Europe et en France pour son candidat-médicament phare, IGX12.

IGX12 n’est pas une thérapie comme les autres. Il s’agit d’un anticorps monoclonal « first-in-class » conçu pour potentialiser l’action de l’hormone follicule-stimulante – FSH, clé de la gamétogenèse tant féminine que masculine, là où les traitements actuels, comme la FIV, ne s’adressent qu’à un volet du problème. « La différence avec les traitements actuels par fécondation in vitro, c’est que notre approche peut traiter à la fois l’infertilité féminine et masculine, assure Florent Ferré, directeur général d’Igyxos Biotherapeutics. L’infertilité masculine représente près de la moitié des cas et ne dispose aujourd’hui d’aucun traitement approuvé. »

Un candidat-médicament pour traiter l’infertilité féminine et masculine

Les premiers résultats intermédiaires de la phase I, chez des volontaires sains — hommes comme femmes — sont encourageants : bonne tolérance et sécurité rassurante. Si tout se passe comme prévu, ces essais cliniques ouvriront la voie à un traitement inédit pour les couples confrontés à des difficultés de fertilité.

Fondée en 2017, Igyxos Biotherapeutics a déjà levé 25 millions d’euros — via des fonds propres et des subventions — ce qui témoigne de la confiance portée à ce projet disruptif.  En misant sur un anticorps capable de stimuler la FSH endogène plutôt que d’imposer des protocoles lourds et injectables, Igyxos pourrait transformer la donne pour des millions de couples dans le monde. Avec IGX12, l’ère d’une thérapie innovante, moins invasive et potentiellement accessible à tous les genres se dessine.

Antonin Tabard