Une nouvelle arme contre les infections graves du nourrisson

Et si une protection contre le virus respiratoire syncytial (VRS) permettait aussi d’éviter certaines des infections bactériennes les plus sévères chez les nourrissons ? C’est ce que révèle une vaste étude française publiée dans The Lancet Infectious Diseases, qui ouvre une nouvelle perspective dans la prévention pédiatrique.

Le nirsevimab ne protègerait pas seulement du VRS, il pourrait aussi réduire les infections graves du nourrisson.
Le nirsevimab ne protègerait pas seulement du VRS, il pourrait aussi réduire les infections graves du nourrisson. (Crédit : OpenAI / Image générée par IA)

Coordonnée par l’AP-HP, l’Inserm, l’Université Paris Cité et l’Université Sorbonne Paris Nord, cette recherche s’appuie sur les données de plus de 527 000 nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024. Les chercheurs ont croisé les informations du Système national des données de santé (SNDS) avec celles du Centre national de référence des pneumocoques afin d’évaluer l’impact du nirsevimab, un anticorps monoclonal administré pour prévenir les formes graves d’infection par le VRS, principal responsable des bronchiolites.

Bronchiolite : une protection qui va plus loin

Les résultats sont marquants. Chez les nourrissons immunisés, les infections invasives à pneumocoque, responsables notamment de méningites et de septicémies, sont significativement moins fréquentes. Après ajustement statistique, l’équipe de recherche estime que le nirsevimab est associé à une réduction de 36 % du risque de développer ces infections graves, un bénéfice qui persiste jusqu’à neuf mois après l’immunisation.

Au-delà de cette réduction du risque, cette étude illustre une évolution majeure des stratégies de prévention. Elle montre qu’une immunisation ciblant un virus respiratoire peut également limiter la survenue de complications bactériennes, confirmant l’importance des interactions entre infections virales et bactériennes.

Infections graves du nourrisson : Le nirsevimab révèle un bénéfice inattendu

Cette découverte pourrait ainsi compléter les bénéfices déjà apportés par la vaccination contre le pneumocoque, sans s’y substituer. Elle ouvre surtout la voie à une approche plus globale de la prévention des maladies infectieuses chez le jeune enfant.

En s’appuyant sur des données de santé nationales et sur l’analyse en vie réelle de plus d’un demi-million de nourrissons, cette étude démontre également le rôle croissant de la recherche clinique et de l’exploitation des données massives pour identifier de nouveaux bénéfices thérapeutiques. Une innovation qui pourrait, à terme, contribuer à faire évoluer les recommandations de santé publique en faveur d’une meilleure protection des nourrissons.

Antonin Tabard

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