Aux origines de la pharmaco-imagerie dijonnaise : l’aventure du Florepizol

Oncodesign, le CGFL, Pharm’image, et maintenant Promethe avec des acteurs universitaires comme l’ICMUB, la filière de la pharmaco-imagerie se structure à Dijon, autour notamment du développement de nouvelles thérapies comme la radiothérapie interne vectorisée. Aux origines de cette dynamique, un projet a été particulièrement porteur : le développement du Florepizol. « Ça a été un projet fédérateur au sein de la communauté dijonnaise, au sein de Pharm’image, et on en voit aujourd’hui toutes les conséquences avec le développement de la filière complète », concède timidement Cyril Berthet, Docteur en biologie, ancien collaborateur d’Oncodesign, aujourd’hui consultant dans le domaine de la médecine nucléaire et de la RIV.

Le Florepizol a prouvé sa capacité à détecter l'EGFR et même à déterminer l'efficacité des traitements.
Le Florepizol a prouvé sa capacité à détecter l’EGFR et même à déterminer l’efficacité des traitements. (Crédit : OPM)

Dès 2009, ce dernier a lancé un projet de radiotraceur, le Florepizol, pour pouvoir visualiser grâce à un PET-scan l’effet des traitement au sein des tumeurs. « Il y a cinq ou six traitements qui sont approuvés pour cibler EGFR et qui ne marchent que sur cette mutation. Or, il n’était pas toujours évident de déterminer quand la molécule anti-EGFR était active ni sur quel patient », observe-t-il. Couplé a une molécule radioactive, le Fluor 18, ce radiotraceur a donc été développé à Dijon pour détecter l’activité d’EGFR avant et après traitement.

Florepizol, un projet fédérateur mais vain

Si le Florepizol a été mené en pré-clinique et en clinique, avec une étude sur 16 patients avec des résultats prometteurs, le projet a dû s’arrêter après presque dix ans de développement pour des raisons administratives et financières. Il aura toutefois permis de servir d’exemple pour montrer qu’un tel projet était disponible dans un écosystème fédéré autour d’industriels et d’acteurs de la recherche publique et privée.

Si la molécule développée avait vocation à être utilisée en imagerie à visée diagnostic, la filière travaille aujourd’hui sur le développement de la RIV, une nouvelle modalité de prise en charge en médecine nucléaire en plein essor : « la différence avec notre molécule, c’est qu’aujourd’hui, on développe des molécules auxquelles on peut associer un isotope d’imagerie, mais aussi un isotope de thérapie pour faire du théranostique, c’est-à-dire d’abord du diagnostic puis de la thérapie. »

Antonin Tabard