Dreampath veut sécuriser le parcours des échantillons en laboratoire

Dans le diagnostic médical, certaines innovations restent invisibles pour les patients. Elles n’en sont pas moins décisives. C’est le cas de Dreampath Diagnostics, société basée à Strasbourg, qui vient d’être acquise par Halma, groupe britannique spécialisé dans les technologies de sécurité, d’environnement et de santé.

Dreampath automatise la traçabilité des échantillons en anatomopathologie pour sécuriser le diagnostic des cancers.
Dreampath automatise la traçabilité des échantillons en anatomopathologie pour sécuriser le diagnostic des cancers. (Crédit : Illustration Pexels)

Dreampath développe des solutions automatisées pour les laboratoires d’anatomopathologie, la discipline qui analyse les tissus humains, notamment dans le diagnostic des cancers. Une fois prélevés, ces échantillons doivent être identifiés, stockés, retrouvés, parfois réanalysés plusieurs années plus tard. Dans un environnement où les volumes augmentent et où les traitements deviennent plus ciblés, la traçabilité devient un enjeu central de sécurité.

Ne plus perdre de vue un échantillon

L’ambition de Dreampath est simple à formuler : aider les laboratoires à savoir précisément où se trouve chaque échantillon, à chaque étape du parcours diagnostique. Ses systèmes automatisent une partie des tâches encore largement manuelles : tri, archivage, recherche et gestion des blocs de tissus ou des lames.

Cette automatisation vise à réduire le risque d’erreur d’identification, de perte ou de mauvais classement. Pour les équipes de laboratoire, elle peut aussi faire gagner du temps dans une activité très contrainte. Pour les patients, l’enjeu est plus fondamental : sécuriser une étape discrète, mais critique, de leur diagnostic.

Un changement d’échelle pour une healthtech strasbourgeoise

L’acquisition par Halma doit permettre à Dreampath d’accélérer son développement commercial, d’élargir sa présence internationale et d’explorer de nouveaux marchés. L’entreprise restera toutefois une société autonome au sein du secteur santé du groupe.

Pablo Jordan, CEO de Dreampath, explique que l’entreprise recherchait un ancrage de long terme capable de préserver ce qui fait sa singularité, tout en soutenant sa croissance. Selon les informations de marché, l’opération comprend un paiement initial de 154 millions d’euros, auquel peut s’ajouter un complément lié à la performance.

Au-delà de la transaction financière, le signal est intéressant pour l’écosystème strasbourgeois. Dreampath illustre une forme d’innovation santé moins visible que la chirurgie robotique ou l’intelligence artificielle, mais indispensable au quotidien : rendre le diagnostic plus sûr, plus traçable et plus efficace, échantillon après échantillon.

Guillaume Freund,
Correspondant à Strasbourg

Privacy Preference Center