NanoReviv veut mettre fin à la résistance bactérienne aux antibiotiques

Responsable de 1,2 million de décès chaque année, la résistance des bactéries aux antibiotiques ne fait que s’accentuer. À Lille, la technologie NanoReviv veut s’attaquer aux infections par staphylocoques et entend rendre leur traitement plus simple et efficace.

À Lille, NanoReviv veut s’attaquer aux infections par staphylocoques et entend mettre fin à la résistance bactérienne aux antibiotiques.
À Lille, NanoReviv veut s’attaquer aux infections par staphylocoques et entend mettre fin à la résistance bactérienne aux antibiotiques. (Crédit : Illustration – DC Studio / Freepik)

« Un fléau mondial. » C’est de cette manière que le Docteur Amokrane Reghal, médecin microbiologiste, désigne la résistance bactérienne aux antibiotiques. Un problème d’envergure responsable de 1,2 million de décès chaque année, qui ne fait que s’aggraver : l’Organisation mondiale de la santé estime à 10 millions le nombre de victimes en 2050 si aucune solution n’est apportée. « La résistance aux antimicrobiens progresse plus rapidement que les avancées de la médecine moderne, menaçant la santé des familles à travers le monde », alerte son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus

C’est justement pour éviter que ces tristes projections ne deviennent réalité qu’Amokrane Reghal a créé NanoReviv. Incubée à l’agence de développement santé des Hauts-de-France Eurasanté depuis 2023, sa technologie “Staph-Ex” s’attaque aux infections osseuses par staphylocoques nécessitant un acte chirurgical préalable. Elles peuvent notamment survenir à la suite d’une fracture ou d’un ulcère du pied diabétique.

Une injection pour quinze jours de traitement

« À la fin de l’opération, le chirurgien administrera l’antibiotique sous forme de gel au niveau du site opéré », explique le médecin lillois. Cette unique injection devrait remplacer une quinzaine de traitements quotidiens par voie intraveineuse. Permettant ainsi au patient de quitter l’hôpital plus tôt, et d’éviter par la même occasion d’être contaminé par des infections nosocomiales, contractées lors d’un séjour dans un établissement de santé. Grâce à sa technologie de nanoencapsulation lipidique – qui permet d’emprisonner l’antibiotique dans du lipide – Staph-Ex est aussi biodégradable et biocompatible.

Labellisé et financé par Bpifrance, NanoReviv a aussi bénéficié de subventions dans le cadre du plan d’investissement France 2030 pour un total avoisinant les deux millions d’euros. Le produit devrait entrer sur le marché d’ici à 2033.

Brianne Huguerre-Cousin,
Correspondante à Lille