Médecine générale : la génération IA

À Dijon, le futur de la médecine générale s’est invité au Parc des expositions. Le Congrès des internes organisé par l’ISNAR-IMG n’avait rien d’un rendez-vous académique poussiéreux : ici, on a parlé intelligence artificielle, données de santé et médecine augmentée… sans jamais perdre de vue le patient.

Demain se soigne aujourd'hui. Tel était le programme du congrès annuel des internes en médecine qui explorait cette année IA et autres pistes contre les déserts médicaux.
Demain se soigne aujourd’hui. Tel était le programme du congrès annuel des internes en médecine qui explorait cette année IA et autres pistes contre les déserts médicaux. (Crédit : ON HEALTH)

« Notre thème, c’est le futur », annonce Pierre-Alexandre Lecomte, interne à Poitiers et porte-parole du syndicat. Dans un contexte de désertification médicale et de réforme des études, les jeunes généralistes savent qu’ils exerceront dans un système en tension. Mais ils refusent de subir. Leur ambition ? S’approprier les nouveaux outils pour gagner en pertinence, en efficacité… et en temps médical.

Mieux préparer et former les futurs médecins à l’IA

Star des discussions : l’intelligence artificielle. « On en est encore aux balbutiements », nuance Rémy Saunier, interne à Nantes et chargé de mission Droit des internes. Pourtant, sur le terrain, l’IA est déjà là. Aux urgences, des algorithmes analysent des radiographies et signalent des suspicions de fracture. Une aide précieuse à la décision, qui sécurise les diagnostics sans remplacer le regard clinique.

En médecine générale, son potentiel s’étend aussi à la santé mentale, omniprésente en consultation. Outils d’accompagnement, soutien à la psychothérapie, meilleure orientation des patients : les perspectives sont vastes. À condition d’en maîtriser les règles. Car derrière l’innovation se cache une matière sensible : la donnée de santé. « On ne peut pas faire n’importe quoi », rappelle Rémy Saunier. Formation, cadre éthique, compréhension des biais algorithmiques : tout reste à construire.

À Dijon, un message domine : la médecine de demain ne sera pas seulement technologique. Elle sera hybride, exigeante, formée aux enjeux numériques et profondément humaine. Une génération se prépare à la pratiquer et à la transformer.

Antonin Tabard