Photobiomodulation : Et si la lumière était le médicament du futur ?

Et si la lumière devenait un médicament ? C’est l’hypothèse que souhaitent explorer le Fonds Clinatec et le CHRU de Tours, qui viennent d’annoncer le lancement d’un programme de recherche inédit consacré à la photobiomodulation. Objectif ? Mieux comprendre comment la lumière agit sur les cellules humaines et déterminer les doses optimales nécessaires pour produire un effet thérapeutique mesurable.

Avec l'arrivée de la photobiomodulation, l'Institut de Cancérologie de Bourgogne étoffe son offre de soins de support.
Déjà utilisée en médecine intégrative, la photobiomodulation pourrait avoir un effet biologique réel sur les cellules. C’est en tout cas ce que vont chercher à démontrer le Fonds Clinatec et le CHRU de Tours. (Crédit : Archives ON HEALTH)

Cette technologie émergente, à la croisée de la physique et de la médecine, repose sur l’utilisation de lasers capables d’émettre une lumière ciblée sur des tissus spécifiques, y compris le cerveau. L’idée est de modifier le métabolisme énergétique des cellules afin d’influencer leur fonctionnement. À terme, les chercheurs espèrent ouvrir de nouvelles pistes de traitement pour des maladies neurodégénératives telles que Parkinson ou Alzheimer.

Une étude scientifique pour étudier les effets biologiques de la lumière

Mais avant d’envisager des applications cliniques à grande échelle, plusieurs questions fondamentales restent en suspens. Quels sont les effets précis de la lumière sur l’énergie produite par les cellules ? Et surtout, quelle quantité de lumière administrer pour obtenir un effet biologique fiable et reproductible ?

Pour y répondre, le Fonds Clinatec s’appuie sur l’expertise du service d’hématologie biologique du CHRU de Tours. Doté d’un laboratoire spécialisé dans l’étude du métabolisme cellulaire, cette structure unique en Europe permet d’analyser en détail les mécanismes de production d’énergie des cellules. Les chercheurs utiliseront notamment des cellules sanguines, faciles à prélever et à étudier, afin d’observer l’impact de la photobiomodulation.

Le dispositif est déjà opérationnel : lasers et incubateurs ont été installés au sein du laboratoire tourangeau, et un chercheur dédié a rejoint le projet. Cette collaboration associe ainsi les technologies développées par Clinatec à la puissance analytique du CHRU. Les premiers résultats devraient permettre d’établir des protocoles précis de photobiomodulation. Une étape clé pour transformer une technologie prometteuse en véritable innovation thérapeutique.

Antonin Tabard