Quand une prise de sang réinvente le suivi des lymphomes

À l’occasion de Septembre rouge, mois de sensibilisation aux cancers du sang, le CHU Dijon Bourgogne met en lumière une innovation qui pourrait transformer durablement la prise en charge des lymphomes. Depuis 2015, les équipes d’hématologie développent BioLymph, une biocollection de prélèvements sanguins destinée à mieux comprendre l’évolution de ces cancers et à personnaliser les traitements.

À Dijon, une simple prise de sang aide à personnaliser le suivi des lymphomes grâce aux biomarqueurs de demain.
À Dijon, une simple prise de sang aide à personnaliser le suivi des lymphomes grâce aux biomarqueurs de demain. (Crédit : ON HEALTH)

Le principe est simple pour le patient : une prise de sang réalisée tout au long de son parcours de soins. Derrière ce geste courant se cache une véritable chaîne d’innovation mobilisant biologistes, généticiens, bio-informaticiens et médecins. Les échantillons sont d’abord conservés par le Centre de ressources biologiques, en partenariat avec l’Établissement français du sang, avant d’être analysés par l’unité IGEO et la plateforme Neomics du CHU Dijon Bourgogne. Les fragments d’ADN circulant sont extraits, séquencés puis interprétés afin d’identifier des biomarqueurs spécifiques des différents sous-types de lymphomes.

BioLymph : l’innovation qui personnalise la lutte contre les lymphomes

« L’idée est d’identifier ces biomarqueurs selon les sous-types de maladies afin de pouvoir suivre le patient de façon optimale, notamment pour évaluer sa réponse au traitement tout au long de sa prise en charge », explique le Professeur Cédric Rossi, hématologue au CHU Dijon Bourgogne. L’ambition est double : mieux adapter les traitements à chaque patient et accélérer la découverte de nouveaux biomarqueurs qui deviendront les outils diagnostiques et pronostiques de demain. « Il y a un enjeu médical, au service du patient, pour optimiser et personnaliser la prise en charge, mais aussi un enjeu de recherche pour identifier et valider les biomarqueurs de demain », souligne le praticien.

Au-delà des bénéfices cliniques, cette approche s’inscrit également dans une démarche de santé durable. En affinant le suivi des patients, elle pourrait limiter les traitements inutiles, réduire les effets indésirables et diminuer les coûts. « Moins de cycles de traitement, c’est moins de toxicité pour les patients, moins de coût pour la société et aussi une contribution à la décarbonation du système de santé », conclut le spécialiste. Une illustration concrète de la façon dont la médecine de précision conjugue innovation, performance et responsabilité.

Antonin Tabard

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