Un “nez électronique” pour la détection précoce du cancer du poumon

Le “nez électronique” du projet européen Alcove, piloté par le CHU de Lille, détectera les particules signatures du cancer du poumon grâce à l’air exhalé.

Et s’il suffisait de respirer pour détecter le cancer du poumon ? C’est le pari du projet européen Alcove, piloté par le CHU de Lille. Grâce à un ingénieux système de “nez électronique”, il promet d’orienter les patients à risque vers le dépistage et espère anticiper la prise en charge au maximum.

« On ne veut pas remplacer les examens, puisque le scanner thoracique à faible dose reste indispensable pour le dépistage du cancer du poumon, précise le coordinateur du projet Sébastien Hulo. On souhaite amener les personnes à risque à y participer en utilisant un dispositif simple d’utilisation et non invasif. »

Le “nez électronique” d’Alcove permettra de détecter les particules signatures du cancer du poumon. Photo : CHU de Lille.

Concrètement, les médecins généralistes pourront proposer aux patients à risque de respirer calmement dans un boîtier, pendant une dizaine de minutes maximum. L’air exhalé sera ensuite analysé dans le “nez électronique”. L’objectif étant de savoir si sa composition se rapproche d’un sujet atteint d’un cancer du poumon

. « Lorsque la composition cellulaire de votre corps change, les composés organiques volatiles sont différents, explique le médecin. On sait par exemple que les cellules cancéreuses ont tendance à consommer beaucoup plus de sucre que les autres. »

Une fois le risque détecté, le patient sera orienté vers le parcours diagnostic habituel.

« C’est une façon de leur dire : “Attention, il se passe quelque chose”, mais il faut aller plus loin », résume le coordinateur. 

Près de 53 000 nouveaux cas en 2023

Cette première étape – qui se veut accessible – permettrait donc « d’augmenter la probabilité de prendre le patient en charge rapidement ». Lorsque le cancer est encore à un stade précoce, une opération chirurgicale est proposée plus facilement, améliorant « nettement la survie » des malades.

« Lorsque le cancer est au stade 4, les chances de survie sont d’environ 15% sur 5 ans. Mais lorsque vous êtes au stade 1, on est plutôt sur un taux de 92% », indique Sébastien Hulo.

Deuxième cancer le plus fréquent chez les hommes et troisième chez les femmes, le cancer du poumon a touché près de 53 000 nouvelles personnes en 2023, selon les dernières données de l’Institut national du cancer. Les Hauts-de-France sont particulièrement touchés par le cancer, précise l’Agence régionale de santé (ARS), et présentent « l’incidence la plus élevée des régions de France métropolitaine ». 

https://youtu.be/3kzbMM0zQ6M

La force du projet Alcove, c’est aussi la collaboration de 16 acteurs différents.

« Nous avons cinq partenaires cliniques belges et quatre en France, ce qui nous permettra d’optimiser le recrutement de l’ensemble des sujets pour les deux études cliniques », explique le médecin coordinateur.

D’autres acteurs techniques accompagnent le programme, pour, par exemple, transformer le prototype de laboratoire en un équipement utilisable en clinique. Ce projet est cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen pour une durée de quatre ans.

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