ASCO 2025 : Plus de 6500 communications pour vaincre le cancer

Comme chaque année, la communauté internationale scientifique et médicale en oncologie s’est réunie à Chicago à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology – ASCO. Cette édition 2025, qui s’est tenue du 30 mai au 3 juin, a proposé un total de 6508 communications présentées au sein de cinq catégories, des sessions plénières, des symposium,  des sessions de résumés ou encore des sessions de présentation de poster. Décryptage.

Du 30 mai au 3 juin, les acteurs de l'oncologie du monde entier se sont réunis à Chicago pour le congrès annuel de l'ASCO.
Du 30 mai au 3 juin, les acteurs de l’oncologie du monde entier se sont réunis à Chicago pour le congrès annuel de l’ASCO. (Crédit : illustration ASCO)

D’après l’Institut national du cancer, parmi ces 6508 communications, 340 ont été présentées par des équipes dont l’un des auteurs au moins est affilié à une entité française, qu’elle soit publique ou privée, dont trois des cinq plénières. Cette catégorie, reconnue comme la plus prestigieuse, est un bon indicateur des dernières avancées majeures dans la lutte contre le cancer.

Cette année, les présentations en plénière portaient sur les cancers de la tête et du cou, les cancers du sein, les cancers de la jonction œsogastrique, les tumeurs myéloprolifératives et les troubles mastocytaires, ou encore les cancers colorectaux.

Cancers ORL : Pour la première fois en 20 ans, un nouveau traitement prouve son bénéfice dans les cancers à haut risque de rechute

Les patients atteints de carcinome épidermoïde ORL opéré à haut risque n’avaient pas vu de progrès significatif dans leur prise en charge depuis 2004, année au cours de laquelle le standard de traitement actuel avait été défini. Les résultats de l’étude de phase III européenne Nivopostop, présentés en session plénière au congrès de l’ASCO, changent la donne pour ces patients au pronostic peu favorable.

« Après un suivi médian de plus de 30 mois, le taux de survie sans récidive à trois ans est passé de 52,5 % avec le traitement standard à 63,1 % avec l’ajout de l’immunothérapie. Il s’agit de la première avancée majeure dans cette situation clinique depuis plus de deux décennies », déclare le Docteur Yungan Tao, onco-radiothérapeute à l’Institut Gustave Roussy et dernier auteur de cette étude menée de 2018 à 2024 dans six pays avec 680 patients âgés de moins de 75 ans.

Ces résultats marquent une avancée majeure dans la prise en charge de ces cancers ORL à haut risque de rechute : « Même si les données sur la survie globale de la maladie ne sont pas encore disponibles, l’ajout de l’immunothérapie à la prise en charge de référence actuelle est amené à devenir le standard thérapeutique pour ces patients. »

Cancers du sein : Des biopsies liquides pour intercepter les résistances aux traitements

Présentée en session plénière, l’étude Serena-6 fait suite à un essai Pada-1, conçu par le Professeur François-Clément Bidard, oncologue médical à l’Institut Curie. Ce dernier était parti du constat que, si dans près de 40 % des cancers du sein hormonodépendants métastatiques, une résistance aux traitements survenait suite à l’apparition d’une mutation du récepteur aux œstrogènes (ESR1), ces mutations étaient détectables dans le sang et donc que des biopsies liquides répétées pouvaient permettre d’intercepter et de contrer ces résistances avec un changement d’hormonothérapie.

Ainsi, Serena-6 a permis de démontrer l’intérêt d’une nouvelle hormonothérapie pour cibler ces mutations dès lors qu’elles apparaissent, de manière à retarder au maximum une ré-évolution tumorale et la dégradation de la qualité de vie qui lui est souvent associée. Cette nouvelle étude, copilotée au niveau mondial par le Professeur François-Clément Bidard a permis de mettre en lumière une nouvelle approche qui pourrait déboucher sur une évolution majeure dans la façon de traiter les cancers métastatiques, au-delà même du cancer du sein.

Antonin Tabard