Don de plasma : La souveraineté sanitaire se joue en Bourgogne-Franche-Comté

La France fait actuellement face à un enjeu majeur de souveraineté sanitaire : les besoins des patients en médicaments dérivés du plasma explosent, mais le pays pays dépend encore largement de plasma importé, souvent collecté dans des conditions ne respectant pas le modèle éthique français du don. « Aujourd’hui, en France, nous dépendons à 65 % de l’importation de pays étrangers pour disposer de plasma », constate Fanny Delettre, directrice de l’Établissement français du sang en Bourgogne-Franche-Comté.

La Bourgogne-Franche-Comté participe au défi de souveraineté sanitaire en matière de don de plasma.
La Bourgogne-Franche-Comté participe au défi de souveraineté sanitaire en matière de don de plasma. (Crédit : ON HEALTH)

Le ministère de la Santé a ainsi confié à l’Établissement français du sang la mission d’être souverain en médicaments dérivés du plasma. Objectif ? Collecter suffisamment de plasma d’ici la fin de l’année et dans les années à venir. Pour ne plus dépendre de l’importation de médicaments dérivés du plasma, le plan “Ambition plasma” s’est fixé de dépasser le million de dons chaque année d’ici 2028.

Des besoins en plasma grandissant

« Pour répondre aux besoins d’un patient en immunoglobulines annuellement, il faut 200 à 300 dons de plasma, explique Fanny Delettre. On sait aussi que les besoins en immunoglobulines augmentent tous les ans de 8 à 10 %. » Le plasma, grâce aux protéines et anticorps qu’il contient, est nécessaire pour transfuser des patients lors d’épisodes aigus comme une hémorragie grave faisant suite à un accident ou une chirurgie, mais aussi pour fabriquer des médicaments qui permettent à des milliers de malades d’aller mieux et de vivre normalement toute leur vie avec leur maladie comme des troubles de la coagulation ou de déficits immunitaires, maladies neurologiques et rénales, hémophilie, ou encore grandes brûlures…

Comme le don de sang, le don de plasma se réalise en Maison du don, et dure simplement un peu plus longtemps. « Comptez 45 à 60 minutes de prélèvement, un moment au calme, allongé, pour déconnecter… ou re-connecter ! », détaille la directrice de l’EFS en Bourgogne-Franche-Comté. Aujourd’hui, 10 % du plasma collecté en France sert à la transfusion, et 90 % est dédié à la fabrication de médicaments, en lien avec le laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies.

Antonin Tabard