Drépanocytose : Une thérapie génique présente des résultats prometteurs

Les chercheurs de l’Institut Imagine et le département de Biothérapie de l’Hôpital Necker-Enfants malades, viennent de publier dans Nature Communications les résultats d’une étude sur l’efficacité de la thérapie génique dans la prise en charge des patients atteints de drépanocytose. « La drépanocytose est une maladie génétique héréditaire touchant les globules rouges : une simple mutation entraîne la fabrication de globules rouges malformés dits “en faucille” ou falciformes. Corriger la mutation dans ces cellules permet d’envisager la production de globules rouges “normaux” et donc de soigner la maladie », expliquent-ils.

Les chercheurs de l’Institut Imagine et le département de Biothérapie de l’Hôpital Necker-Enfants malades ont suivis les patients participants à un essai de thérapie génique pour confirmer l’absence d’effets secondaires et le degré d’efficacité de ce nouveau traitement.
L’Institut Imagine et le département de Biothérapie de l’Hôpital Necker ont mené une étude sur les effets et l’efficacité d’une nouvelle thérapie génique dans la prise en charge de la drépanocytose. (Crédit : Huguette&Prosper / Laurent Atias)

Pour ce faire, les patients participants à un essai de thérapie génique ont été suivi pendant deux à trois ans pour confirmer l’absence d’effets secondaires et le degré d’efficacité de ce nouveau traitement : « Les résultats indiquent que cette nouvelle thérapie est sûre et n’entraîne pas d’effets secondaires dans les années qui suivent la greffe. Cependant, son efficacité est variable et dépend non seulement du nombre de CSH greffées, mais surtout de l’état inflammatoire de l’hôte et de ses répercussions sur la biologie de ses cellules souches. »

Une thérapie génique redonne espoir aux patients atteint de drépanocytose

Si les traitements actuels ont permis d’augmenter grandement l’espérance de vie des patients affectés, ils restent encore limités. Face à ce constat, les recherches sur les greffes de cellules souches hématopoïétiques autologues génétiquement modifiées avancent. C’est dans ce contexte que les chercheurs de l’Institut Imagine et le département de Biothérapie de l’Hôpital Necker-Enfants malades ont adapté le vecteur génétique développé dans cet essai pour l’utiliser dans la thérapie génique de la drépanocytose. Ce nouveau vecteur, appelé Drepaglobe, permet l’expression de la β-globine (le composant de l’hémoglobine) « saine » et réduit jusqu’à 50 % le taux de globules rouges en faucilles.

Résultats ? « Après 18 à 36 mois de suivi, aucun effet indésirable lié au traitement ou signe d’hématopoïèse anormale n’a été observé. Toutefois, malgré un nombre similaire de copies du vecteur dans le traitement initial, la fréquence de globules rouges “corrigés” et la correction de la maladie varient d’un patient à l’autre. Une analyse cellulaire chez les patients présentant une mauvaise prise de la greffe a montré que ces différences s’expliquent très certainement par le degré d’inflammation de l’hôte et ses répercussions sur la fonctionnalité de ses CSH. »

Antonin Tabard