Oncologie : Que retenir de l’ESMO 2025 ?

Du 17 au 21 octobre, la communauté mondiale en cancérologie s’est réunie à Berlin à l’occasion du congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO). Entre confirmations et révolutions thérapeutiques, les annonces de cette édition 2025 confirment la montée en puissance des traitements ciblés et des combinaisons innovantes. Tour d’horizon…

Du 17 au 21 octobre, Berlin a accueilli le rendez-vous européen annuel de l'oncologie.
Du 17 au 21 octobre, Berlin a accueilli le rendez-vous européen annuel de l’oncologie. (Crédit : ESMO)

Premier temps fort : le cancer du sein HER2 positif. L’essai DESTINY-Breast05 a démontré la supériorité du trastuzumab deruxtecan (T-DXd) sur le traitement de référence T-DM1. Une avancée majeure pour les patientes à haut risque de rechute. Toutefois, un risque accru de complications pulmonaires invite à la vigilance. Autre moment clé : le cancer de la vessie. L’étude KEYNOTE-905 / EV-303 a montré qu’associer enfortumab vedotin et pembrolizumab avant et après la chirurgie améliorerait nettement la survie, notamment chez les patients ne pouvant recevoir de chimiothérapie au cisplatine.

ESMO 2025 : vers une nouvelle ère de l’oncologie

Le poumon n’est pas en reste. L’essai OptiTROP-Lung04 confirme l’efficacité d’un conjugué anticorps-médicament après échec des thérapies ciblées classiques, ouvrant une voie prometteuse pour les cancers EGFR mutés. Enfin, dans le cancer de la prostate, les résultats de l’étude EMBARK placent l’association enzalutamide + LH-RH comme nouvelle référence pour les patients présentant une rechute biologique après traitement local.

Au-delà des chiffres, une tendance se dégage : l’oncologie entre dans une ère où précision et personnalisation priment sur la simple escalade thérapeutique. Les conjugués anticorps-médicament et l’immunothérapie confirment leur rôle pivot, mais les experts rappellent la nécessité de surveiller étroitement les effets indésirables. L’édition 2025 de l’ESMO a ainsi consacré une oncologie plus fine, plus intégrée, mais aussi plus exigeante : celle où chaque molécule doit prouver qu’elle améliore non seulement la survie, mais aussi la vie.

Antonin Tabard