Prise en charge de l’obésité : un enjeu de santé publique

Considérée comme une maladie chronique depuis 1997 par l’Organisation mondiale de la santé, l’obésité toucherait actuellement 17 % de la population française, un chiffre qui pourrait passer la barre des 30 % d’ici 2030. Dans le monde, l’Organisation mondiale de la santé estime même que le surpoids et l’obésité causeraient la mort de plus de quatre millions de personnes par an. L’obésité est en effet aujourd’hui associée à de nombreuses maladies comme le diabète de type 2, certaines maladies cardiaques, l’arthrite ou encore la stéatose hépatique, et même certains cancers. Un véritable enjeu de santé publique qui mobilise nombre d’institutions et de spécialistes. Une nouvelle feuille de route ministérielle sur la prévention et le traitement de l’obésité devrait même voir le jour prochainement, suite au rapport rendu par le professeur Martine Laville aux ministres de la Santé et de la Prévention et des Solidarités et du Handicap en 2023.

L’obésité touche aujourd’hui en France quelque 8,5 millions de personnes. (Crédit : Force/F-Crin)

« Nous sommes à l’aube d’une transformation dans la prise en charge de l’obésité, avec un nombre important de nouveaux dispositifs innovants en santé, notamment 11 articles 51, en faveur d’une prise en charge pluridisciplinaire globale, médicale et paramédicale, dont quatre programmes pour enfant en fonction de leur obésité, et aussi l’arrivée sur le marché de nouveaux médicaments prometteurs tels que les analogues du GLP-1, développés à l’origine pour le diabète, qui induisent une perte de poids significative », explique le professeur émérite Martine Laville, professeur de nutrition aux Hospices Civils de Lyon et membre du Conseil scientifique de F-Crin.

De nouvelles approches thérapeutiques pour lutter contre l’obésité

En France, le réseau clinique Force (F-Crin) est spécialisé dans la nutrition, les obésités et les maladies métaboliques associées. Fort de 75 projets de recherche et 27 publications, ce réseau vient d’annoncer trois nouvelles études sur des populations de patients pour continuer à développer la médecine de précision dans le champ thérapeutique de l’obésité. Parmi elles, l’étude Sémadialyse, portée par le professeur Sébastien Czernichow, chef du service de nutrition à l’APHP, a pour objectif d’évaluer l’efficacité et la sécurité du sémaglutide sur les patients dialysés en situation d’obésité. De son côté, l’étude Opsywe menée par le professeur Ariane Sultan, du CHU de Montpellier, évalue l’efficacité du sémaglutide dans la prévention de la prise de poids induite par les traitements antipsychotiques de deuxième génération. Enfin, financée par Novo Nordisk et coordonnée par le professeur Emmanuel Disse, des Hospices Civils de Lyon, l’étude Semasearch a pour mission d’étudier la réponse au sémaglutide de 1.000 patients pour en évaluer les facteurs de succès, pour développer une médecine personnalisée dans un parcours de soin coordonné afin de trouver le meilleur traitement possible pour chaque patient.

« Grâce à Force et la structuration des réseaux F-Crin, nous sommes capables de mettre en œuvre rapidement et de manière sécurisée des études de phases 2 et 3 et avons le potentiel de transformer radicalement la prise en charge de l’obésité au niveau mondial avec de réelles innovations thérapeutiques. Aujourd’hui, plus que jamais, nous répondons aux besoins des industriels à la recherche d’innovations thérapeutiques et aux attentes des patients », commentent les professeurs Sébastien Czernichow et Emmanuel Disse, co-coordonateurs du réseau Force (F-Crin).

Antonin Tabard