Alzheimer détectée grâce à une application mobile ?

S’il existe aujourd’hui des outils de dépistage des troubles cognitifs liés à la maladie d’Alzheimer, à l’image du Mini mental state examination (MMSE), du test de l’horloge ou encore du General practitioner assessment of cognition (GP-Cog), ces derniers sont souvent longs à réaliser, nécessitent une formation préalable et sont parfois sujets à interprétation. Forts de ce constat et pour aider les médecins généralistes, en première ligne, Julien Dumurgier et Claire Paquet, neurologues et chercheurs au Centre de neurologie cognitive du groupe hospitalier Lariboisière – Fernand-Widal à Paris, ont développé MemScreen.

Pour faciliter la détection des premiers signes d'Alzheimer, une équipe de recherche parisienne a développé une application mobile. (Crédit : National Cancer Institute / Unsplash)
Pour faciliter la détection des premiers signes d’Alzheimer, une équipe de recherche parisienne a développé une application mobile. (Crédit : National Cancer Institute / Unsplash)

« L’objectif de cette appli est d’aider au repérage et à l’orientation des patients qui nécessitent une évaluation plus approfondie en consultation mémoire. Mais un score plus bas que la normale ne veut pas forcément dire que le patient souffre d’une démence… C’est pour cela que le test doit s’inscrire dans une évaluation clinique globale, réalisé par un soignant », explique le neurologue.

Une appli pour dépister Alzheimer, non la diagnostiquer

Ce test de détection des troubles cognitifs légers a été pensé pour être simple et rapide à mener, tout en conservant des performances élevées. En consultation, le médecin peut ainsi confié le téléphone ou la tablette au patient pour qu’il réalise un test qui donnera ensuite un résultat sous la forme d’un score, pour éviter les erreurs d’interprétation et avoir une homogénéité des résultats au sein d’une population.

Les chercheurs ont validé leur modèle sur deux populations complémentaires, une grande cohorte britannique et une seconde cohorte de patients français consultant en Centre mémoire de ressource de recherche. Un travail de validation qui a montré que le temps médian pour réaliser le test était d’un peu plus de quatre minute, « une durée compatible avec celle des consultations en médecine générale, ce qui rend son utilisation en routine envisageable », rassure Julien Dumurgier.

Antonin Tabard