Neuroradiologie interventionnelle : une révolution contre les AVC

En France, un accident vasculaire cérébral (AVC) survient toutes les quatre minutes. Chaque année, environ 30 000 personnes en décèdent. Cette pathologie constitue la première cause de mortalité chez les femmes, dépassant le cancer du sein. Si, dans 75 % des cas, l’AVC laisse des séquelles, il s’agit également de la première cause de handicap acquis chez l’adulte et de la deuxième cause de démence. Enjeu de santé publique majeur, la prise en charge des AVC a connu trois révolutions thérapeutiques depuis le début des années 2000.

Depuis 20 ans, la prise en charge des AVC a progressé significativement.
Depuis 20 ans, la prise en charge des AVC a progressé significativement. (Crédit : Archives / illustration Strokelink)

Après la création des unités neuro-vasculaires et la thrombolyse intraveineuse, la neuroradiologie interventionnelle et la thrombectomie mécanique révolutionnent la prise en charge de cette pathologie. « Au cours des 25 dernières années, la prise en charge des AVC s’est transformée de façon spectaculaire. Et dans tous les domaines : l’imagerie et les outils diagnostiques, l’accueil en urgence des victimes d’AVC, les traitements en urgence pour déboucher les artères, mais aussi pour la rééducation des séquelles et la prévention des récidives avec de nouvelles classes thérapeutiques », souligne le Docteur Benoît Guillon, neurologue à l’unité neurovasculaire du CHU de Nantes.

Trois révolutions thérapeutiques au service de la prise en charge des AVC

Structures organisées sur le modèle des soins intensifs de cardiologie, les unités neurovasculaires ont été déployées sur le territoire français à partir du début des années 2000, pour prendre en charge en urgence des patients victimes d’AVC. Cinq ans plus tard, un traitement voyait le jour, diminuant de 30 % les risques de décès et de handicap. En administrant par voie intraveineuse un médicament, la thrombolyse permet ainsi de dissoudre le caillot bloquant une artère cérébrale. Toutefois, pour être efficace, cette intervention doit être réalisée dans un délai maximum de 4 heures 30 après le début de l’accident.

Enfin, depuis 2015, la thrombectomie mécanique a profondément transformé la prise en charge des AVC ischémiques en phase aiguë, en permettant d’étendre la fenêtre de traitement à huit heures, voire au-delà dans certains cas, grâce à l’imagerie. Réalisée par un neuroradiologue interventionnel sous guidage scopique, cette procédure peut être associée à une thrombolyse. Objectif ? Déboucher l’artère cérébrale obstruée en introduisant directement dans un vaisseau un dispositif médical qui remonte jusqu’au caillot dans le cerveau, afin de le retirer. Cette technique diminue de 40 % les risques de décès et de handicap.

Antonin Tabard